La plus secrète mémoire des hommes

Mohamed Mbougar Sarr, éditions Philippe Rey/Jimsaan, août 2021, 448 pages, 22€

Roman choral, romans dans le roman, roman initiatique, roman sur un roman, roman sur l’écriture, roman sur le Sénégal, roman d’amour, roman mystique, roman d’amours, roman sur la filiation, roman sur la transmission, roman sur le mystère, roman sur la vie… : « La plus secrète mémoire des hommes » est un roman labyrinthique et fleuve dans lequel il faut plonger tête la première et duquel on ressort ébloui.

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Mahmoud ou la montée des eaux

Antoine Wauters, Verdier, août 2021, 131 pages, 15,20€


« Les mots ne sont que les bras armés du silence ». Une des phrases magnifiques de ce magnifique livre, qui dit bien, sobrement, son contenu. On n’ose dire qui le résume car comment le résumer ? Ce livre c’est un chant, un cri, une preuve s’il en était besoin que la longueur n’est pas l’aune de la valeur, et que la poésie est souvent la forme parfaite pour raconter le monde. Mieux que les mots qui décrivent, ceux qui suggèrent sont les plus forts.

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Jeune femme au luth

Katharine Weber, les éditions du sonneur, avril 2021, 190 pages, 17€ (traduction Moca Durieux)

Patricia Dolan vit à New York. Passionnée d’histoire de l’art, de la peinture hollandaise en particulier, et tout spécialement de Vermeer, le roman démarre alors qu’elle se retrouve isolée dans un cottage irlandais perdu. Pourquoi ? Comment ? Pour le savoir, il faut suivre Katharine Weber qui nous conduit d’une main de maître dans les méandres de l’histoire de l’Irlande, et de l’histoire de l’art.

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Normal People

Sally Rooney, éditions de l’Olivier, mars 2021, 320 p., 22€

Qu’est-ce que c’est, être « normal » quand on a dix-sept ans ? Qu’on va au lycée, qu’on n’a pas d’amis, qu’on est suprêmement intelligent, qu’on n’est pas intégré ? Est-ce une situation qui dure, qui s’installe ? Après le magnifique « Conversations entre amis », Sally Rooney nous offre dans ce deuxième livre une réponse tout en finesse et délicatesse.

Marianne a dix-sept ans justement, et vit dans une petite ville d’Irlande, et le moins qu’on puisse dire c’est qu’elle n’est pas vraiment bien dans sa peau, et se pose quelques questions. Au lycée, elle est amenée à croiser Connell. Tout le contraire d’elle ! Il est normal lui, ou en tous cas il en a l’air ! Suprêmement intelligent également mais plein de charme, intégré, « populaire », plein d’amis, de petites amies, amies qui la plupart du temps l’indiffère. C’est normal ça ?

Évidemment les deux se connaissent (la mère de l’un est employée chez la mère de l’autre). Évidemment il va se passer quelque chose entre eux.

Et puis ils vont grandir, changer. Les scènes se succèdent à quelques semaines, où mois d’intervalle, créant ces creux que l’on comble avec l’imagination.

Sally Rooney nous raconte avec la même sensibilité dont elle avait fait preuve dans « Conversation entre amis », les affres de l’adolescence et de l’entrée dans l’âge adulte. Le regard sévère que l’on peut porter sur soi. L’importance des autres. Les occasions ratées. L’indicible qui prend une place démesurée. La vie quoi !

Alors ce livre il est pour qui ? Ce livre est un bijou de sensibilité, qui devrait intéresser tout le monde, y compris les jeunes, à partir de 16 ans sans problème. Ça devrait les rassurer ! À lire sans tarder !

Marie-Eve

Des diables et des saints

Jean-Baptiste Andrea, L’Iconoclaste, janvier 2021, 364 p., 19€

Qui n’a jamais rêvé devant ces pianos laissés à l’intention du public dans des lieux de passage, des gares, des galeries marchandes ? Qui ne s’est jamais arrêté devant un ou une pianiste particulièrement doué.e, curieux.se de son histoire ? Si d’aventure cela vous est arrivé, et que vous pouviez vous glisser dans ce livre, peut-être alors auriez-vous pu croiser Joe ? Il erre de gare en aéroport, jouant sans relâche, et à la perfection, Beethoven. Pourquoi ? C’est l’histoire de ce livre de Jean-Baptiste Andrea qu’il faut découvrir sans plus tarder.

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Betty

Tiffany Mc Daniel, Gallmeister, août 2020, 720 p., 27,50€

Voilà un livre sur lequel j’aurais : ou envie d’écrire et parler pendant des heures ; ou envie de me taire en disant juste « lisez-le, en confiance, sans rien en savoir, sans rien en attendre, lisez et vous serez transporté, il n’y a pas de mots assez forts pour en parler ». D’ailleurs, vous pouvez arrêter la lecture de ce billet juste après avoir lu cette phrase, et attendre demain l’ouverture des librairies pour aller vous procurer ce livre. Ou le lire  jusqu’au bout, et j’espère réussir à vous donner la même envie : c’est, pour moi, un des meilleurs livres de cette rentrée littéraire !

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Ne plus jamais marcher seuls

Laurent Seyer, Finitude, juin 2020,  200 p., 17€

Oh la jolie surprise de ce calme dimanche de juillet ! Sous ses airs de comédie à la britannique, sur fond de foot et de Brexit, le roman de Laurent Seyer dit subtilement la différence. Drôle et sensible, on ferme le livre avec les yeux humides, et l’impression d’avoir fait une belle rencontre. Lire la suite « Ne plus jamais marcher seuls »

La vie mensongère des adultes

Elena Ferrante, Gallimard, coll. Du monde entier, 404 pages, 22€

Fan absolue, comme beaucoup, de L’amie prodigieuse, j’ai ouvert le dernier roman d’Elena Ferrante avec une énorme envie et une légère appréhension. Celui-ci sera-t-il aussi bien ? Sans plus tarder et n’en déplaise aux grincheux, aux boudeurs de plaisir, aux nostalgiques, la réponse est OUI ! et voici pourquoi.

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Le sang ne suffit pas

Alex Taylor, Gallmeister, mai 2020, 316 pages, 23€ 

Nous sommes chez nous, confinées chaudement, et en fait non. Lire ces pages du roman d’Alex Taylor (à paraître le 27 mai), c’est se retrouver plongés brutalement dans un autre univers, dans un paysage de neige, de montagne, où une ourse rôde, où la mort règne, où le seul objectif qui vaille est de survivre. Lire la suite « Le sang ne suffit pas »