Le ciel par-dessus le toit

Natacha Appanah, Gallimard, août 2019, 125 pages, 14€

Ce livre c’est le récit d’une colère et celui d’un amour, une histoire portée par une voix, des mots cadencés, rythmés, une musique qui nous tient, nous porte et transporte. Lire la suite « Le ciel par-dessus le toit »

Un dimanche à Ville-d’Avray

Dominique Barbéris, éditions arléa, août 2019, 128 p., 17€

Deux sœurs, quadragénaires, aux vies bien installées, mariées, vivant à Paris pour l’une, à Ville d’Avray pour l’autre. Le temps les éloigne mais l’enfance soude. Elles se voient rarement ; il y a une distance insoupçonnée entre Ville d’Avray et Paris. Et puis le mari de la narratrice, hyperactif, n’aime pas ces dimanches de banlieue qui s’étirent. C’est un dimanche pourtant, tandis que la narratrice est seule, qu’elle décide de rendre visite à sa soeur. Qui, seule aussi, entre un mari médecin qui est de garde et une fille qui part au cinéma avec son amoureux, lui livre alors un secret. Ces pages sont le récit de ce secret, dans une écriture sensible et puissante.

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La Mer à l’envers

Marie Darrieussecq, P.O.L, août 2019, 18,50€

Comment écrire sur le drame des migrants ? Comment, en étant artiste, apporter sa pierre à la dénonciation ? Marie Darrieussecq le fait, et le fait très bien, et par ce livre elle montre – mais était-il besoin de le prouver ? – que l’artiste, quel qu’il soit, quand il est ancré dans son époque, les yeux grands ouverts, est indispensable. Lire la suite « La Mer à l’envers »

Civilizations

Laurent Binet, Grasset, août 2019, 378 pages, 22€

Que ce serait-il passé si les Espagnols et les Portugais n’avaient pas conquis le continent sud américain ? Si les Incas n’avaient pas été décimés par Christophe Colomb et ses successeurs, car ils auraient été immunisés déjà contre les virus importés de l’Ancien Monde, et qu’ils auraient connu, eux aussi, l’existence du fer et des armes ? C’est ce à quoi s’attache à décrire Laurent Binet dans une uchronie réjouissante. Lire la suite « Civilizations »

L’Ennemie

Irène Némirovsky, éd. Denoël, avr. 2019, 157 p., 16,90€

Ce livre d’Irène Némirovsky est une nouvelle édition du roman qu’elle avait fait paraître en 1927 sous le pseudonyme de Pierre Nerey, et il faut remercier les éditions Denoël de le publier de nouveau ! C’est un petit bijou qui, découpé en quatre parties épousant différentes périodes de la vie de Gabri (enfance, adolescence, jeune adulte), raconte les relations pour le moins complexes de la jeune fille (qui emprunte ses traits à Irène elle-même) et de sa mère Francine (dont la ressemblance avec Fanny, la mère de l’auteure, est avérée).

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Le courage qu’il faut aux rivières

Emmanuelle Favier, Livre de poche, janvier 2019 (1re publication Albin Michel, 2017), 7,20€, 209 pages

Manushe est une femme qui, pour des raisons expliquées au cours du livre, a choisi de vivre comme un homme. Adrian est née femme et, parce qu’elle était la quatrième fille de la famille, son père a nié son sexe et a décidé de l’élever comme un garçon. Ce roman est la rencontre de ces deux-là qui ont, pour des raisons différentes, choisi de vivre dans la peau de l’autre sexe, leur histoire à chacune, et ensemble. Lire la suite « Le courage qu’il faut aux rivières »

Les gratitudes

Delphine de Vigan, JC Lattès, mars 2019, 173 pages, 17€

Si on ne me l’avait pas offert (merci Margaux !!!), sans doute n’aurais-je pas lu ce livre. J’aime beaucoup Delphine de Vigan, mais un peu déçue par le précédent (« Les loyautés »), j’avais envie de rester sur les impressions fortes laissées par « Rien ne s’oppose à la nuit », ou « D’après une histoire vraie », et ne voulais pas risquer une autre déception. Heureusement, on a choisi pour moi ! Ce livre bref et intense touche au plus profond, avec comme d’habitude chez cette auteure, une économie de mots qui renforce encore les sensations. Lire la suite « Les gratitudes »

Art et décès

Sophie Hénaff, Albin Michel, mars 2019, 315 pages, 18,50€

La brigade des Innocents est de retour ! Après « Poulets grillés » qui l’avait vu se constituer, et « Rester groupés », qui l’avait vu se souder, on la retrouve avec un grand plaisir évoluant cette fois dans le milieu du cinéma. Anne Capestan, commissaire à la tête de la brigade est en congé parental et ne se déplace pas sans sa fille Joséphine, petit monstre de quelques mois qui accapare tout son temps, le père étant en prison. Mais elle  reprendra du service lorsqu’un meurtre sera commis sur le plateau de tournage où sévit le lieutenant Rosière, membre éminent de la brigade en disponibilité pour écrire le scénario du film.

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Né d’aucune femme

Franck Bouysse, La Manufacture de livres, janvier 2019, 334 pages, 20,90€

Cela faisait très longtemps que je n’avais pas été autant entraînée dans le sillage d’un livre ! Voilà de ces romans dont on est à la fois heureux d’en avancer la lecture parce que l’envie de connaître la suite est à la limite de l’intolérable (nuits blanches assurées et petits matins douloureux d’avoir trop veillé, l’avantage étant que l’on avance vite, donc cela ne se reproduit pas trop !)  ; et que l’on est triste de finir parce que oui, d’accord, on sait enfin ce que l’auteur a si bien manigancé pour nous révéler, mais que justement, on n’a plus rien à savoir… Dilemme du lecteur passionné : avancer ou retarder la poursuite d’un livre… Lire la suite « Né d’aucune femme »

On la trouvait plutôt jolie

Michel Bussi, Pocket, octobre 2018, 537 pages, 7,90€

Michel Bussi nous plonge à la perfection dans une intrigue pleine de suspense et de surprises. Un suspense qui dure jusqu’aux dernières pages, et dont on peut imaginer tous les dénouements possibles, ce ne sera jamais le bon. L’auteur nous perd sur des chemins hypothétiques, nous induit en erreur pour mieux nous étonner. Lire la suite « On la trouvait plutôt jolie »